BORDEAUX MADRID 2005
Chers amis cyclistes aussi au nom des mes compatriotes Roger Krenz et Ulrich Schoenemann, je vous remercie pour la bonne organisation de cette formidable course et les bonnes souvenirs de ces deux journées en France et en Espagne. Il est vraiment dommage que vôtre Bordeaux-Madrid n`est pas très bien connu dans nôtre scène Randonneurs longue distance en Allemagne; alors nous - les participants de 2005 - allons faire du publicité pour la prochaine édition, espérant que le nombre des coureurs va s`augmenter en 2007. Salutations sportives, Peter Riffart, Munich/Allemagne
les équipiers du Tandem Noir Nous souhaitons renouveler toutes nos félicitations et remerciements à l'ensemble de l'équipe organisatrice, aux bénévoles qui nous ont accueillis à la remise des dossiers, au départ, à l'arrivée et à tous les contrôles. Le fléchage était irréprochable. Les paysages étaient superbes, le temps était de la partie. L'ambiance était on ne peut plus excellente entre cyclos et accompagnateurs qui nous ont doublés et encouragés tout au long du voyage. Dommage que l'épreuve n'attire pas plus de monde. Nous sommes partis sur le départ des 60 heures, ce qui nous a permis de très bien gérer notre effort et de randonner sans la pression du chronomètre. Sylvie et Laurent (les équipiers du Tandem Noir)Du nouveau sur notre site: tout sur le cyclo-camping à l'approche de l'été : http://perso.wanadoo.fr/tandem.noir
BORDEAUX PARIS
Honte aux tricheurs !C’est de Cenon, dans la banlieue de BORDEAUX ,que plus de 460 cyclotouristes s’élancent dans la nuit fraîche le vendredi matin. Il s’agit de la formule la plus tranquille, puisqu’il faut rallier la région parisienne en moins de 60 heures,à un peu plus de 10 kms/ h .Parmi les visages que souligne la lumière blafarde des réverbères, on remarque les deux anciens. Robert Marchand, 88 ans et 7 mois, jubile : « c’est mon huitième Bordeaux-Paris . Je viens de faire les 103 kms de l’ardéchoise. J’ai participé à toutes les cyclosportives depuis des années. Je parcours environ 10.000 kms par an. Aujourd’hui, j’en suis à 4.500 bornes. » Bon pied, bon œil , tout comme son collègue Julot Harduin, 80 ans . Les doyens sont bien entourés par leurs seize jeunes équipiers (dont six femmes) du club francilien de l’Union Sportive du Bois Saint Denis . A six heures, la meute s’enfuit dans l’obscurité. Le lendemain , à la même heure, c’est un groupe beaucoup plus imposant qui s’aligne, avec près de 900 cyclos . Le pari est cette fois-ci de boucler les 640 bornes en moins de 36 heures. Expérience et entraînement sont nécessaires pour ne pas multiplier les arrêts et prendre un minimum de repos. La grande majorité a opté pour l’assistance, nombre de voitures et de camping-cars sillonnent le parcours. Le règlement les oblige à ne ravitailler que cinq kilomètres avant ou après les contrôles, mais les entorses sont nombreuses, avec des passages de sandwiches au milieu du peloton . Nous avons même surpris certains concurrents pédalant complètement abrités derrière des Espace. A ce petit jeu, il est facile de s’économiser et de réaliser une moyenne flatteuse.
Cette épreuve un peu mythique qui était réservée à des professionnels a été relancée il y a quelques années pour des amateurs de randonnées ou de cyclosportives. Une quinzaine de sportifs de Rambouillet Olympique et du CTR se sont lancés dans l’aventure se répartissant entre randonneurs et cyclosportifs.
En ce qui me concerne, la catégorie cyclosportive étant hors de mes moyens, restait la formule randonneurs.
Départ à 6h, les organisateurs du TCG nous conduisent à vitesse réduite jusqu’à la première côte vers Camarsac et laisse alors le peloton s’organiser, ce qui se traduit par des accélérations relativement importantes et des a-coups qu’il faut gérer sur un parcours roulant sans grosses difficultés. Avec mes compagnons de route (250 à 300 cyclistes) nous pointons au 1er contrôle de RUELLE à 10h20 après 140km.
Très peu d’arrêt, nous sommes encore en pleine forme, même si mon compagnon de route prévu au départ, Jean Cordonnier du CTR, estime que cela va trop vite pour lui.
On repart pour l’ISLE-JOURDAIN, 90km plus loin, le parcours devient un peu plus vallonné et les gros pelotons du début ont disparu, des groupes s’organisent pour commencer à gérer la distance que chacun doit avoir en tête. Les voitures accompagnatrices peuvent se rapprocher des randonneurs et apporter un peu de réconfort (ceci est quelque chose de très important le long de tout le parcours et Claude Kamarad est excellent dans cette tache relativement ingrate et fatigante : il s’arrête, s’enquiert de nos désidératas, nous remplit les bidons, nous donne une banane, etc et va nous attendre 30 ou 40km plus loin. De toute façon nous sommes relié par portables et il n’est jamais bien loin.
Arrivée à C2 à 14h, et là on commence sérieusement à penser qu’un élément naturel va jouer un rôle important : le soleil! Il va surtout être important de boire beaucoup et souvent et de bien s’alimenter.
On repart après un temps d’arrêt d’une quinzaine de minute, et sur mon vélo je déguste mon sandwich, me désaltère et récupère. Pendant ce temps JC trouve qu’un groupe qui passait lui semble à sa main et il se laisse entraîner me signalant que ce serait très bien de profiter du wagon qui roule gentiment. Le temps de déguster mon frugal repas et le groupe est passé.
Terminé pour moi, je ne les reverrai pas avant le contrôle C3, 80km plus loin. Les côtes qui maintenant se succèdent, le soleil, la route souvent seul (l’erreur commise est de n’avoir pas attendu un autre peloton), l’addition à C3 est de 25 minutes de retard sur JC qui lui, semble en peine forme et accroche à son palmarès des distances qu’il n’avait jamais réalisées auparavant. Quant à moi je pointe à ce contrôle après 310km, à 18h. Ravitaillement, eau à bulles, on se force pour la banane et je reste 1h sur place.
MARTIZAY-NOYERS : l’étape la plus difficile pour moi, la chaleur m’empêche de m’alimenter, les boissons sucrées ne passent pas, bref le moral s’en ressent et c’est JC qui me tire pratiquement sur les 60km jusqu’à C4, pointage à 21h30. La partie la plus difficile est faite mais mon moral a baissé et il m’est venu à l’esprit que je pouvais abandonner.
La prochaine étape dans 62km est SALBRIS qui sent bon la Sologne et ses difficultés routières largement atténuées. Mais il faut cependant rouler et penser à la nuit qui va venir, mettre les lumières, un coupe vent éventuellement, un collant long si on le désire, mais il n’est pas prévu de sac de couchage.
Départ à 22h15, avec Claude qui va nous éclairer la route. Tout de suite on se retrouve dans un groupe d’italiens et de français qui roule à une allure très convenable. On en profite et je commence à me sentir de nouveau bien avec la fraîcheur de la nuit. Finalement c’est une autre voiture suiveuse qui nous éclaire et nous permet de soutenir un train relativement rapide, même si JC trouve que vraiment à cette allure il ne tiendra pas longtemps. Il pense que pour quelqu’un qui n’a jamais dépassé les 250km, cela va être terrible d’aller au bout, mais il est persuadé qu’il doit y arriver (il y a 7 points au challenge).
Contrôle C5 à SALBRIS à 0h50. JC a légèrement décroché en final, mais il n’est pas loin avec Claude qui le suit. Ravitaillement bienvenu avec soupe, compote, banane, sandwich, boisson et pour moi tout passe, il n’en est pas de même pour JC. On va s’accorder une pause jusqu’à 2h30 avec 45 minutes de sommeil réparateur sur le bord d’une table. Claude essaie aussi de dormir, mais que d’un œil, car il a peur que l’on s’attarde trop longtemps.
On repart avec l’arrivée des 3 premiers cyclosportifs, gyrophare en marche, voitures suiveuses qui ouvrent la route, pointage et ravitaillement en 2 ou 3 minutes et ils repartent tous les 3 faire leur forcing ! C’est impressionnant. Les 5 suivants ne nous dépasseront que 30km plus loin.
Puis nous attaquons notre 2ème étape de nuit avec 116km jusqu’à AUTRY/SUR/JOUINE Je suis maintenant plus en forme que JC, mais il fait preuve d’un courage et d’une endurance qui me laisse admiratif. Claude assure la route pour nous pendant une soixantaine de km et on s’arrête un peu car lui aussi fatigue sérieusement : conduire seul à 25km/h n’est pas très facile. Le jour se lève et on peut libérer Claude, notre route est maintenant beaucoup plus sûre. Nous sommes doublé par les cyclosportifs et d’autres groupes de randonneurs (mais en définitive très peu) et arrivons à C6 à 8h15. Ouf ! après 550km, il ne nous reste plus qu’à faire une petite sortie du dimanche matin :80km.
Je prends un solide petit déjeuner sur place pendant que JC se repose. Je suis prêt à repartir à 9h, mais JC ne peut vraiment pas maintenant, il désire s’accorder encore du temps de récupération. Je repars donc seul, avec quelques provisions pour la route, Claude me rejoindra plus tard après une heure d’attente auprès de JC. Rien de spécial à signaler, je me suis trouver un groupe de cyclotouristes de Fontenay le Comte et le temps passe assez vite. Claude rentre directement sur Rambouillet, si on a besoin de lui on pourra toujours le contacter.
Vers Orphin, un cyclo de Rambouillet vient m’apporter sa protection et la vitesse s’en ressent. De même Dominique Ladiray est tout surpris de me retrouver entre les Bréviaires et Le Perray : d’après les estimations de Claude je devais être beaucoup plus loin. Les derniers km ne sont évidemment qu’une formalité, quel plaisir les applaudissements des copains sur le bord de la route.
Dernier pointage à l’arrivée, collège de Vivonne à 12h30 avec 638km à mon compteur.
JC arrivera une bonne heure plus tard, me laissant pantois sur sa performance.
Un grand merci à tous ceux qui se dévoués pour cette organisation.
Au terme de l'aventure à laquelle nous nous sommes préparés depuis le début de l'année, je ne peux que remercier tout d'abord ma copine Josiane qui m'a entraînée dans l'aventure, mon copain Louis qui a assuré la logistique, mon autre copain Louis qui a assuré l'intendance... et mes autre potes qui ont partagé l'aventure.Mais le grand mérite revient bien sûr à tous les organisateurs - qui paraît-il ne sont pas si nombreux que cela - du départ à l'arrivée,
impossible de se perdre tant le fléchage était parfait.Merci à Jean-Louis pour sa délicieuse soupe de poireaux « maison »... qu'ildistribuait à Martizay.Merci aux braves dames qui ont sauvé notre copain Claude, pris d'un malaise à l'arrivée de Salbris...
Merci aussi d'avoir prévu du beau temps pour cette épreuve... sans cela,'aventure n'aurait pas été si belle.Notre périple a fait des envieux... peut-être seront nous plus nombreux encore dans 2 ans. Au nom de mes copains de Manosque, un grand merci à tous et à bientôt peut-être. Marie-Paule VALENTIN
Gilles STEPHAN Le Marlien Gilles Stephan, 51 ans, et son camarade de club-étoile cycliste de Metz, Robert Balthazard, 41 ans, ont participé à la course Bordeaux-Paris. Ils étaient dans la catégorie des moins de 36 H et ils ont pris le départ à 6 h du matin à Bordeaux, par une température de 20 degrés environ. Ils ont ensuite parcouru 640 km en passant par les contrôles de Ruelle (140 km), Isle-Jourdan (233 km), Chauvigny (276 km), Martizay (321 km), Noyers (395 km), Orléans (481 km), Autruy-sur-Juine (528 km) et Les Clayes-sous-Bois (639 km).
Ils sont arrivés à Les Clayes-Paris à 7 h du matin. Ils ont un peu souffert au cours de la nuit fraîche, car le thermomètre n'était qu'à quatre degrés. Ils se sont classés 34e sur 874 participants dans cette catégorie et ils étaient 239e au général sur 1605 courageux cyclistes amateurs. Gilles STEPHAN
Bravo encore une fois bravo. Flêchage parfait aucune possibilité de se tromper ou il fallait être aveugle. Rapidité aux contrôles, ravitaillements à la hauteurs, la soupe était de bien venue à la Source! Pour mon 1er Bordeaux Paris, à 65 ans, je suis super heureux , au 15 ème Bordeaux Paris, j'espère faire le 36 heures j'aurais 67 ans? merci encore. Jean HÊME
Au pied du Mur. Je suis le premier à me souhaiter un bon anniversaire, avant que les réveils ne sonnent ce vendredi 18 à 5h. Nuit trop chaude après le traditionnel bain de la veille du départ au milieu des canards, suivi du match de foot de l’Euro 2004 contre la Croatie.
Nous voilà donc en ce petit matin au pied du Mur.
N’ayant jamais participé à la moindre petite course et sans aucun brevet en poche, je me sens très léger, plein de doutes.
J’ai peut être visé un peu haut pour une première !J’ai discuté hier après midi avec quelques participants :« C’est mon troisième…Je viens de Périgueux… ( sur 2 roues naturellement )
Machin, là-bas, il vient de Megève… ( c’est tellement loin que j’ai du mal à situer, mais je me doute que pour machin, le BPR, c’est une rigolade, un petit coup de pédale entre copains et hop, on rentre à la maison. )
Eux ? Ils viennent de Paris… C’est plus pratique de venir en vélo, pas besoin de prévoir le retour, pas d’assistance.
Quelques conseils des habitués : pars devant ou derrière, mais pas au milieu, il y a toujours des chutes. Si ça t’arrive, t’es comme un C.., tu fais 500 mètres, une gamelle et tu rentres à la maison !
Ils essaient de me persuader de partir en tête. Je fais mine d’être parfaitement convaincu, mais je sais que mon retard au moment fatidique ne me laissera pas le choix.Rien de très rassurant au vu de ces routiers au palmarès incroyable.
Seul petit réconfort, l’équipement de ces 38 tonnes doit sacrément entamer la vitesse moyenne. On est plus dans le V.T.C. de 12 kg, lesté de 3 sacoches enflées et d’un double éclairage que dans le cadre en carbone des coursiers.Maintenant, il ne faut plus traîner.5h30 au départ, petit déj avalé au pas de course, dernière préparation du vélo, embarquement d’absolument n’importe quoi dans la sacoche, en total dépit du bon sens.Exercice pitoyable que de faire rentrer 8 litres de matériel et de ravitaillement dans une sacoche qui ne peut en contenir que 3 en étant optimiste et organisé.Partons de la théorie qu’un contenant n’est jamais plein…Bon sang, ça ne rentre toujours pas…
Vite, la ligne de départ est prise d’assaut depuis demi-heure, je jette le surplus du fourbi dans un sac, une bouteille à la mer – dont j’estime les chances de retour à 50 % -destination L’Isle- Jourdain grâce à l’assistance compréhensive de mon voisin de parking.
La ligne est à plus de 200 mètres, cachée par 400 fous, tampon sur la sacro-sainte carte de route. Ouf, le plus dur est passé. Arrivée sur la ligne de départ.Tant d’efforts et de doutes puis de volonté et de certitudes depuis 9 mois pour être ici aujourd’hui.
4 500 km de préparation. Un peu n’importe comment au début puis un travail plus réfléchi grâce à de bons conseils, c’est ma petite assurance.
6h10, les premiers enclenchent enfin leurs pédales, loin, très loin devant nous, le carré des retardataires. Le bruit impressionnant de ces centaines de cliquetis reculant dans le peloton parvient enfin jusqu’à moi. Je participe enfin à ce concert… pour déchausser 10 mètres plus loin.
Ca frotte, ça tasse, c’est une joyeuse pagaille. Il faut bien sûr partir prudemment, s’échauffer doucement, mais les jambes, sevrées depuis une semaine n’attendent que de pouvoir se défouler. Enfin un peu d ‘espace, un peu d’air douteux de la ville, le premier fleuve bien réel sous les roues, une ambiance de fête, de saine communion de partage du même effort.
Le passage des feux, des intersections, des ronds-points avec l’assistance motorisée, quel plaisir. Quelques grincheux à 4 roues forcément désagréables jurent devant cet immense serpent les retardant de quelques secondes sur le trajet du boulot.
Mais ça roule vraiment doucement au milieu des sacoches.Il me vient l’envie de remonter gentiment cette joyeuse mêlée multicolore.- un peu pour prendre la dimension de la chose.
- n peu pour rechercher des connaissances, en particulier 2 Perpignanais rencontrés par le plus grand des hasards sur les routes catalanes, en pleine préparation pour le BPR.- un peu pour tester la forme.
Surtout pour essayer de voir au moins une fois la tête de ce long dragon et ensuite savoir qu’un petit arrêt de 5 minutes ne me laissera pas seul sur la route.Le cycliste est un animal essentiellement grégaire.
Le cyclotouriste lui, fort de son expérience peut se permettre de prendre le risque de s’isoler.
Sans forcer, en restant sur le 42, clignotant à gauche, me voilà parti pour remonter tranquillement vers la tête.
Déjà, des groupes se forment à l’occasion du passage des chicanes.
Les écarts sont encore faibles et permettent de reprendre les wagons précédents.
Petite discussion avec un gars arborant les couleurs de SOUILLAC et accrochage du wagon de tête mené par un groupe d’italiens que nous baptisons la Dream Team.
Cette locomotive entraîne une quarantaine de gars dans les roues. Le rythme est excellent et régulier permettant de suivre à l’aise en 42 x 13 tout en continuant de faire connaissance.
Au moindre semblant de pente, l’allure se réduit, visiblement pour épargner la bella italienne.
Certains se montrent très intéressés par l’Italie, mais le langage des signes nous fait vite comprendre que le mari n’est pas très loin.
J’apprends finalement qu’un autre groupe s’est déjà échappé, ce que confirment les premiers concurrents arrêtés pour la première pause que nous rejoignons au bord de la route.
Enveloppés dans le brouillard, nous continuons en profitant de cette fraîcheur providentielle.
Nous passons la Dordogne sans voir de mascaret !
Le soleil revient peu à peu éclairer la Charente.
100 km, juste pile et l’impression d’en être encore à l’échauffement.
Un bistrot pour routier, idéalement placé, cligno à droite, tombe les rapports, double débrayage : ce sera ma première halte.
Un jus de fruit, la recharge d’eau et la préparation d’un bidon de boisson isotonique.
C’est à dire sucres et sels minéraux, ne voyez aucun dopage la dedans. Le sachet est d’ailleurs distribué au départ par une marque cherchant à se faire de la publicité. J’appelle ça du Gibolin.
Cligno gauche, double pédalage, c’est le cas de le dire et retour sur le cycliste de SOUILLAC.
Nous discutons de tout, le courant passe et nos niveaux semblent équivalents. Nous roulons donc ensemble un bon moment.
« T’as combien au compteur ?
Je réponds 110.
Ah bon, t’es sûr, moi j’ai 126 ! Ton compteur fonctionne bien ?
Dans cette descente et avec le 52 … 20 km/h… problème.
Un arrêt éclair, un réglage et ça repart, tout rentre dans l’ordre.
Nous sommes donc tout près du premier point de contrôle.
Un repas et un peu de repos seront les bienvenus.
J’atterris à RUELLE vers 11h30, enfin à table !
« Je vous servirai quand vous serez tous là !
! ! !J’hallucine, mais rien ne peut venir me tracasser. Je me repose, attends les gros wagons puis passe à table soulagé.
Départ quasi-immédiat, à la recherche d’un coin pour la sieste.
Je croise un gars qui joue de la guitare électrique en marchant sur le bord de la route, étonnant non ?
Le sommeil ne vient pas et après la côte de RUELLE je trouve le groupe de SOUILLAC en train de soigner une crevaison.
Je m’arrête, les présentations avec l’intégralité du groupe sont faites.
La région est très agréable, le profil de la route varié et la forme au rendez-vous.
Nous roulons quelques kilomètres ensemble puis nous nous séparons au gré des niveaux.
Je décroche fréquemment en côte par économie puis reviens facilement dans les descentes.
Avec Alain, nous sommes rejoins par un tandem. Nous prenons la roue, vent ¾ face, régulièrement entre 30 et 35 km/h. La plaque sert une bonne heure après une journée passée sur le 42. Les jambes n’ont plus envie de tourner aussi vite. Impossible de prendre un relais, mais nous sommes amenés comme dans un fauteuil jusqu’à l’Isle-Jourdain.
C’est ici que je pense dormir, mais problème, il est 16h30, et de plus, sans réservation, impossible de trouver un endroit pour se reposer.
Le groupe de Souillac me propose de continuer jusqu’à Lussac où un gîte les attend.
Merci beaucoup pour cette invitation providentielle. Les 20 km supplémentaires sont avalés dans une bonne ambiance.
9h40 de selle à 26 de moyenne, je me demande si les jambes fonctionneront encore demain.
Dépasser 250 km dans la journée, c’est un nouveau record personnel, bonne nouvelle à fêter.
Arrosons immédiatement un double anniversaire, une douche et un bon repas.
Le sommeil a du mal à venir, 2 ou 3 heures au plus et j’attends le jour se lever.
Petit déj, rangement du matériel… Oh ! Surprise, mon sachet de Gibolin s’est vidé dans la sacoche. Coupe-vent et rations de secours enrobés de sucre, c’est génial.
Ce n’est pas grave, je remonte sur mon Bianchi SLK un peu collant avec un peu d’appréhension. Je sens que tout va bien. Après un petit échauffement, je me teste dans les premières côtes, ce qui a pour effet immédiat de lancer les plus coursiers.
Je passe mon temps à saluer les gens qui se trouvent sur le parcours, j’ai dû dire plus de 1 000 bonjours. Lorsque nous sommes au plus profond de la campagne, je salue les vaches, avec tout le respect que je porte aux personnes, ce qui fait rire inévitablement mes équipiers.
Nous changeons de région et sommes accueillis dans le CENTRE.
Arrivée au ravitaillement de MARTIZAY.
Ayant déjà testé la fringale, l’hypoglycémie casse-pattes et roulant sans assistance, je me jette littéralement sur les sandwichs, gâteaux et charge honteusement mes poches de bananes, chocolats et autres sucreries.
Mes compagnons regardent avec impatience cette gloutonnerie puis nous repartons pour traverser cette belle région. La température est agréable mais le ciel se fait parfois menaçant.
Nous passons le CHER et arrivons à NOYERS vers 12h.
Mes compagnons insistent pour partager leur repas. J’ai peur d’abuser, moi qui n’ai pas pour habitude de profiter ainsi des autres et ne compte que sur moi. De plus, mon précédent ravitaillement va me permettre de tenir la journée !
Je décline l’invitation, avec regret, plus parce que je vais abandonner ce bon groupe que pour le casse-croûte.
Passant devant une pâtisserie, je reviens soudainement sur ma décision :
« OK, mais j’amène le dessert ! »
J’achète une énorme tarte aux abricots et repars en tenant mon guidon d’une main.
10 km de travers sur le vélo et je retrouve mes amis hilares de me voir ainsi équipé.
Impasse sur la sieste (c’est vraiment le plus dur ) et nous repartons.
Les nuages s’amoncellent. Nous calculons au mieux nos efforts et avec une bonne dose de chance nous évitons l’intégralité des averses.
Les jambes tournent de moins en moins vite, je dois me résigner à abandonner mon 42X13 pour le 52.
La chance encore avec nous quand, vers ROMORANTIN, nous évitons la chute en suivant un malheureux randonneur italien qui casse son chariot de selle et fini dans le fossé.
Nous faisons la circulation ¼ d’heure jusqu’à l’arrivée de son assistance.
J’ai décidé de dormir à SALBRIS. C’est ferme et définitif, quitte à repartir de très bonne heure demain matin. Il est 15h30, je remercie mes nouveaux amis du Lot et leur souhaite une bonne virée jusqu’à TIGY. Je les laisse repartir à regrets malgré leur insistance pour partager la route. Mais non, il ne faut pas exagérer.
Nouveau repas, très gentiment proposé par les organisatrices, merci 1 000 fois merci.
Une douche et puis pourquoi pas un massage.
Aucune douleur, mais le kiné me propose ces services.
Tout allait bien, et après…, tout va encore mieux. C’est vraiment génial, ça vaut le coup de perdre 10 minutes. Merci encore.
Direction la salle de repos. Je pense me réveiller vers 2h du matin.
J’ai une déconnection d’une 1/2 heure, tourne et retourne et fais les gros yeux, car je ne peux pas gueuler par respect pour les 2 autres qui dorment, aux quelques sans gène venus discuter sans complexe près de nous.
Je suis énervé par cette attitude irrespectueuse et fini par me lever vraiment colère.
Je commence donc mal, ce que je considère comme ma troisième journée de vélo.
Je me calme en voyant ces chaleureuses personnes de l’organisation et fais rire tout le monde en demandant un petit déjeuner. Il est 17h30, c’est le record du monde du lever tôt !
En avant donc, sans trop savoir si je vais pouvoir arriver au bout ou bien si je vais devoir faire un dernier arrêt.
Tout va tellement bien :
- un temps revenu au beau sans trop de vent
- des jambes de jeune fille super décontractées, merci le kiné
- un moral d’acier
- une route quasi vide au cœur de la Sologne, ce qui à cette heure va me permettre de voir des animaux.
Pas de chevreuil ni de sanglier, mais, à l a sortie d’un village,je tombe littéralement en arrêt devant deux enfants qui jouent au freesbee au milieu de la chaussée !
Encore plus fou, je m’arrête quelques instants pour jouer avec eux !
Je roule avec un allié de circonstance. Son vélo est équipé d’un poste de pilotage d’Airbus.
Je suis intrigué par ce qui ressemble à un embout d’éthylomtre sur son guidon. Je sais que l’on teste ce système sur les voitures, ce qui empêche le démarrage lorsque l’on a pris un verre de trop. Avec ça, certains de SOUILLAC ne sont pas près de partir !
J’engage la discussion :
« …Cette année, je n’ai pas pu me préparer…j’ai seulement 300 km dans les jambes.
- un brevet de 300, en plus de quelques milles ?
- non, non, 300 en tout ! »
Il doit falloir un moral en béton pour encaisser un tel effort sans préparation.
Je passe donc quelques kilomètres avec lui, mais je fini par prendre un coup de barre dans les jambes car le rythme ne me convient pas.
Je lui souhaite bonne route et continue seul.
Avec la tranquillité, les jambes reviennent.
J’arrive à Tigy avec la fin du jour où je surprends mes collègues de SOUILLAC attablés devant une glace appétissante.
« Viens manger avec nous. Patron un couvert de plus. »
Me voilà donc invité une fois de plus.
« Tu vas dormir avec nous. Patron avez vous une chambre de libre ?
-Non complet, désolé.
-Ce n’est pas grave, j’ai prévu de continuer »
Je remets mon casque et enfourche mon vélo.
« Non, pas question ! Tu vas rester avec nous. On va trouver un matelas et partager une chambre »
On m’installe à table à côté d’une charmante demoiselle.
Je suis désolé, je viens de me doucher, mais mon maillot a passé une journée éprouvante !
Ce repas est finalement le bien-venu, mais question boisson, il n’y a que du vin.
Et pour finir, sorbet arrosé de Vodka ! Puis une goutte de rouge pour faire passer le tout.
Je pense que je vais bien dormir.
Notre chambre se trouve à un feu de circulation sur le parcours du BPR.
A partir de minuit, gros rambal. Vélos, motos et voitures défilent sous nos fenêtres.
Résultat, vers 3 heures du matin, sommeil en berne et fourmis dans les jambes.
Je décide de me lever le plus discrètement possible ( c’est raté ) et de reprendre la route.
Dehors, il fait frais et les averses se succèdent.
Je mets tout mon attirail sur le dos, on va dire :
- une polaire ( mon sous-vêtement de 10 grammes )
- une grosse veste ( mon maillot )
- ma doudoune ( un coupe-vent ).
Je vais dire bonjour aux motards de l’organisation véritablement emmitouflés qui me demandent si je compte vraiment partir si peu vêtu.
Quelques mouvements d ‘échauffement et j’appelle Marines.
Il se trouve avec le groupe de tête des 27h à 10 km derrière moi.
Je saute sur mon vélo tout excité et mène d’entrée un bon train.
Je crie « MARINES » dans la nuit à tous les coureurs qui me rejoignent.
Je soupçonne dans l’obscurité leur surprise – il n'est pas net celui-là.
Je passe la Loire…puis prends une averse sur le rable.
Et enfin après de multiples tentatives :
« Salut Olive, comment ça va ? »
« Je suis super content, dommage que Carca ne soit pas là ! »
J’arrive à prendre la roue de ce groupe de coureurs à la faveur de la traversée d’un village.
Je fini par lâcher au bout de quelques minutes et me retrouve seul derrière les voitures d’assistance.
Au prix d’un gros effort, je parviens à revenir dans le bon coup.
Après avoir repris mon souffle, je roule à côté de Marines pour discuter.
J’espère conforter son moral qui m’apparaît déjà plus qu’excellent. Je pense que ça doit être agréable de parler à un copain après 500 bornes alors que ce groupe est vraiment silencieux et qu’il n’a pas dû s’amuser comme moi.
« Olive, j’ai une énorme envie de m’arrêter.
-Pas de problème, j’ai pu revenir une fois, je peux le faire une seconde. »
Arrêt de 2 minutes pour Marines, et je me mets à bloc pour le ramener.
5 minutes dans le rouge et nous revenons derrière les voitures.
Je lâche prise avec les remerciements de mon ami qui continue sa route.
Je reste de longues minutes à quelques encablures du groupe de tête, mais je ne parviens pas à rentrer. Je regarde les gyrophares s’éloigner dans la nuit mourante avec le sentiment d’avoir donné un bon coup de main.
Mais enfin, 9 mois d’entraînement pour aider un copain à pisser…ça ramène à son juste niveau !
La route est humide, je me trempe les jambes.
Après ce gros effort, je suis en nage sous ma doudoune.
Pour tout arranger, les bois et les haies disparaissent et la première clarté laisse entrevoir les steppes mongoles ( sans les yourtes ).Et le froid du désert.
Je commence à grelotter. Je m’arrête un instant pour me ravitailler. Il fait encore plus froid. Je préfère remonter sur ma selle pour me réchauffer grâce à l’effort.
Je ne sens plus le bout des pieds…Chante, chante, ça tient chaud…
Je mets les mains dans la sacoche…Mai, mai, mai, Paris mai…
Personne devant, personne derrière, les alouettes se réveillent sur des airs de Nougaro hurlés au milieu des blés.
Je suis dans une bulle d’air glacé, en short, au milieu de la Beauce, il me tarde de voir un café pour faire une pause nécessaire.
Toujours rien.
Le disque rouge sort enfin au-dessus des blés. Je sais que c’est le moment le plus froid. Tout ira mieux dans quelques minutes. Profitons du frais avant la chaleur de la journée. Une caille chante.
Je rejoins enfin un coureur.
« J’étais dans le groupe de tête, j’ai crevé…pas moyen de rentrer »
Son pneu a crevé, mais lui est vraiment explosé. Plus de moral, plus de jambe.
Nous nous relayons. Derrière lui, j’ai l’impression de gagner 10°.
Nous arrivons enfin à AUTRUI/JUINE à 6h15.
J’apprends qu’il fait seulement 4° !
Un « commissaire de course » se précipite sur moi et repart au galop pour viser ma carte de contrôle Je le laisse faire sans trop comprendre sa vivacité et lui déclare à son retour :
« Ne vous tracassez pas, je vais déjeuner et attendre que le soleil réchauffe un peu l’atmosphère, avant de repartir. »
J’entre dans ce café du bout du monde, pratiquement désert, commande un thé, attend que la patronne aille le cueillir.
Je fini par « choper une tremblante » et mes voisins de table pressent la serveuse pour honorer rapidement ma commande. Ils doivent penser que je suis vraiment au bout du rouleau et que je risque de crever de froid devant leurs yeux.
Mais, il n’en est rien, je patiente en souriant, je grelotte toujours, mais cela me réchauffe.
Je remonte sur mon vélo, après une pause de plus d’une heure.
Je profite de petits groupes pour traverser l’Essonne et cette belle région vers SACLAS.
Ca roule très bien et les jambes sont toujours là.
Enfin, à 8h10, Marines m’appelle : mission accomplie.
Après un démarrage dans la dernière côte, 600 km après le départ…il a largué tout le monde et a résisté pour finir seul.
Cette bonne nouvelle me motive, je suis remonté à bloc : « J’arrive dans deux heures ».
Je m’autorise une pause casse-croûte, je ne veux pas prendre le risque de manger en roulant, car désormais la seule chose qui peut m’empêcher de rejoindre l’arrivée, c’est une chute.
Je savoure la fin du trajet, mais soudain je suis arrêté.
BPR neutralisé … pour laisser le passage… à une course cycliste ! ! !
Je repars derrière un gros peloton qui roule très fort. Pas moyen de suivre, je reprends mon rythme.
Je me retourne et distingue un bon groupe à 500 m de moi. J’amène la plaque sans broncher.
Je veux finir seul ces derniers kilomètres et voir ce qui me reste comme énergie.
Je roule le plus vite possible et parviens à distancer les coureurs aperçus.
A l’arrivée, Loïc m’appelle pour me souhaiter une bonne fête des pères.
Sur la ligne, Marines m’attend. Nous nous félicitons réciproquement sans oublier le copain d’infortune que l’on aurait aimé avoir là avec nous.Je regrette encore de ne pouvoir attendre l’arrivée de l’équipe de SOUILLAC.
Juste le temps de prendre une douche, un repas mérité et il me faut partir pour Montparnasse.
Retour à BORDEAUX après 3 heures de T.G.V., mais ce n’est pas le même voyage.
Ce soir, nous regarderons le grand prix d’INDIANAPOLIS, encore les Ferrari en pôle et une victoire pour Schumi.
Finalement, j’arrive seulement 2 h après Marines.
J’avais imaginé penser à beaucoup de personnes pendant le trajet et être ému à l’arrivée.
Résultat, rien de cela, j’ai passé mon temps occupé par la route, le vélo, tous les petits tracas routiniers oubliés.
Un grand merci aux copains, à tous ceux qui m’ont aidé pendant ces trois jours et aux nombreux bénévoles qui assurent l’organisation et la sécurité de ce BPR.
Un super Bordeaux-Madrid fin juin avec tous les copains à l’arrivée.
Cyclistes, professionnels sur les grands tours qui montrent l’exemple et petits randonneurs comme nous, ne jetez rien sur la route !
Je peste toujours lorsque je vois les emballages sur le bas côté alors qu’ils ont leurs places dans les poches.
Et le summum pour l’organisation serait de prévoir le tri sélectif.
1 poubelle pour les canettes en alu au moins, merci.
… et si le député maire local, sensible à ces problèmes, nous apportais son soutien et une petite visite… mais là, je demande peut-être trop ?Rendez-vous fin juin 2006 à Bègles .Olivier
Bpr en vélo couche C’est pour moi une double nouveauté, la première fois que je fais ce BPR, et la première fois que je vais rouler en groupe, qui plus est, mélangé à des vélos droits (vd). Je ne possède ma machine que depuis trois mois et n’ai parcouru avec qu’un peu plus de deux milles km, ce qui est très peu bien entendu. Après un départ prudent, permis tout ce monde, rapidement je me sens suffisamment à l’aise et n’éprouve aucun stress particulier. Les 100 premiers km sont effectués à une moyenne plus qu’honorable 29 km/h et j’apprends à louvoyer avec ma machine parmi les autres concurrents. Très vite, dans les descentes je parviens à dépasser facilement nombre de concurrents et me trouve souvent à l’avant d’un groupe, voir je rattrape le groupe précédent. En pratiquant ainsi, je progresse rapidement vers l’avant et surtout, j’essaie de prendre de l’avance en vu des côtes qui parsèment le parcours. Cette tactique me permet de rester au sein d’un groupe quand on aborde une côte , car inévitablement dès que çà monte, je vais moins vite que les autres concurrents.
Au fur et à mesure que les groupes s’amincissent, cette tactique s’avère de moins en moins efficace, et après le km 100, je commence à perdre le contact dès que l’on monte une côte. Deux raisons à cela. Le vc est moins efficace en côte qu’un vd, car nous ne disposons pas sur ce genre de machine, du « turbo » que possède tout cycliste qui peut se mettre en danseuse sur un vd.. Autre raison de ma progression plus lente en côte, je tourne en complète autonomie, ce qui signifie que ma monture fait environ 24 kg. Il me faut donc me résoudre à me faire dépasser de temps à autre et à progresser seul très souvent. A chaque fois que le profil le permet, j’accompagne un groupe, ce qui facilite ma progression. Au premier contrôle, j’arrive seul et repars seul. L’essentiel de ma progressions se fait d’ailleurs ainsi, alternant quelques km en groupe et quelques km seul. Ce sera comme cela désormais jusqu’à l’arrivé à Paris. Ma progression est plutôt satisfaisante et je n’éprouve pas de difficultés particulières. Je suis bien sur ma machine . Cà avance prudemment , mais sûrement. Petit arrêt casse croûte à L’Isle Jourdain (C2) et je repars, immédiatement rejoint par un cycliste local , ancien grand champion amateur de ma génération (51 ans comme moi), qui fait un bon bout de chemin en ma compagnie, pour discuter et comprendre ce que je fais. Ce fut une rencontre intéressante et peut être même ai je fais un nouvel adepte du vc. Jusqu'à l’entré dans la nuit, la succession de difficulté m’ont un peu émoussé et c’est avec plaisir que j’aborde une portion plate ou je me suis offert en compagnie de deux Nantais et d’un autre vc, une belle partie de manivelles. Aux contrôles ravitaillements, bienvenus, je ne perd pas trop de temps. Mon objectif étant de faire un non stop, de ne pas m’arrêter dormir. Je roule donc toute la nuit, tantôt en groupe tantôt seul quand les autres membre de ces groupes s’arrêtent eux pour une pause café organisé par leur logistique, ou un petit sommeil. Mais cette fois, les rôles sont inversé, c’est moi qui prend de l’avance. La nuit fut assez courte et je franchis la Loire au petit matin. Cela commence a devenir un peu difficile, mais je pédale toujours assez régulièrement. La plaine de Beauce malgré l’absence de relief fut toutefois assez difficile. J’ai peu être présumé de mes forces, et je suis fatigué. Je continu malgré tout ma progression et arrive à Ballainvillier vers 11 h. totalement fourbu, mais plutôt satisfait 28h 44 mn de parcours , dont 25h16 mn passés sur vélo. Un intérêt évident pour ma machine de la part des concurrents en vd. J’ai beaucoup,discuté tout au long du parcours et j’ai surtout été très surpris de l’intérêt que suscitait ma machine. J’ai aussi toujours été parfaitement accepté au sein de tous les groupes ou j’ai évolué. Jamais la moindre animosité ni la moindre manifestation de sarcasme ou de doute. Que dire des spectateurs qui au bord de la route m’ont très souvent fait un petit signe amical, manifestant en même temps leur surprise devant ce « drôle de machin ». Tel cet enfant « ho un vélo de bébé ! ! ! » Partout, à tous les arrêts , les gens sont venus vers moi pour me parler. Conclusion : ce genre de machine est parfaitement adapté aux très longues distances, mais elle n’est pas adapté à la bataille avec les vd sur des parcours aussi accidenté. Toutefois, elle permet à son pilote de disposer de conditions de confort qui évitent tout traumatisme et ainsi, permet de durer.. Je ne me suis pas privé non plus d’observer le paysage et les régions traversées. Le vc, c’est aussi un endroit idéal pour observer, car on n’a pas le nez dans le guidon. Merci à tous ces gens que je rencontré qui se sont donné la peine de me faire la conversation. Un grand merci à tous ceux qui se sont donnés sans compter, avec gentillesse et courtoisie, pour que cette randonné puisse avoir lieu. Ce fut pour moi une très belle expérience et cela restera un très beau souvenir. Eric Hamonic (51 ans , BPR n°857)
